Le savoir-vivre en entreprise selon Sophie de Menthon

La solidarité féminine en entreprise

Publié le : 07 juin 20194 mins de lecture

Franche au risque d’être agaçante et de déplaire, la présidente du mouvement patronal ETHIC ne mâche pas ses mots. Sophie de Menthon, élevée par un père diplomate et une mère au foyer, a reçu une éducation classique et assez austère. En bonne libérale, elle temporise en conservant ce qu’elle a reçu, mais dans une mesure raisonnable. Ni laxiste, ni rigide à outrance, cette chef d’entreprise livre ce qu’elle estime indispensable en termes de savoir-vivre en entreprise.

Le tutoiement n’est pas à la noce dans le travail

De nos jours, la tendance vise à aplanir l’échelle de la voie hiérarchique en supprimant le voussoiement, ce que la patronne libérale voit néanmoins d’un mauvais oeil. Et tant pis si on la traite de bourgeoise qui promeut un système patriarcal à l’ancienne mode ! Sophie de Menthon dénonce l’usage généralisé du tutoiement entre les supérieurs et leurs subordonnés. Selon elle, cette facilité des rapports induit une chaleur humaine pas forcément appropriée au contexte professionnel. Laisser primer le sentimentalisme sur le travail à effectuer en priorité, ce n’est pas cela qui parle en faveur d’une « hiérarchie horizontale » ! Par ailleurs, le tutoiement est la porte ouverte à l’exploitation insidieuse dont on ne saura pas se défaire, au nom d’une fausse chaleur entre les différents grades. Enfin, Sophie de Menthon laisse entendre que l’on ne se respectera pas moins (bien au contraire) sous prétexte que l’on voussoie son supérieur ou son inférieur hiérarchique. Une distance respectueuse dans l’univers du travail fait partie du savoir-être : voussoyer l’autre pourrait corriger certaines des dérives potentielles susmentionnées.

La solidarité féminine en entreprise ? Du pipeau !

Si elle reconnaît se battre pour la « vraie cause des femmes », Sophie de Menthon désapprouve une certaine forme de féminisme en entreprise. Née à l’époque où seule la gent masculine dirigeait le patronat, elle sait d’autant mieux qu’une femme doit apprendre à se faire respecter en entreprise. Mais tout en admettant avoir côtoyé des « femmes bien » qui lui ont été d’une aide considérable dans son travail, elle ne cache pas avoir rencontré davantage de problèmes avec les femmes qu’avec les hommes… Donc, pour le mythe si chèrement caressé de la solidarité féminine, on repassera !

La génération Y corvéable à merci ?

Les jeunes qui viennent juste de mettre un pied dans le monde du travail, devront essuyer leurs premiers plâtres en connaissant les « brimades » liées aux tâches ingrates. Les épargner sur ce plan reviendrait à leur laisser croire que tout est facile et s’obtient en claquant des doigts ! Comme leurs anciens l’ont fait avant eux, les commençants devront se fortifier en se battant pour construire leur édifice professionnel. Ce sera une leçon de modestie, par la même occasion. Et n’oubliez pas non plus de surveiller vos manières de table et votre tenue : on s’habille correctement et on ne parle pas la bouche pleine !

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